Qu’est-ce qui se passe au CMR Saint-Jean?

« Le Saint-Laurent en guerre » : un succès d’équipe!

Le colloque multidisciplinaire « Le Saint-Laurent en guerre (1608-2008)» s’est avéré un franc succès. L’événement qui se tenait au Musée de la civilisation de Québec les 6 et 7 novembre derniers a en effet attiré près de 150 personnes. Le mérite rejaillit sur les principaux partenaires de l’événement, le Collège militaire royal du Canada, le Collège miliaire royal de Saint-Jean, le Musée naval de Québec et la Direction histoire et patrimoine (DHP) du ministère de la Défense nationale. Signalons que c’est le soutien financier direct de la DHP, par l’entremise de son directeur, Serge Bernier, qui a permis de lancer ce projet. Sur le plan de la réalisation, saluons le travail d’équipe des professeurs des deux collèges militaires royaux, Jean Lamarre, Magali Deleuze, Marc Imbeault et Béatrice Richard, avec la collaboration de Stéphane Roussel, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en politiques étrangère et de défense canadiennes (Université du Québec à Montréal), ainsi que l’excellente organisation du personnel du Musée naval de Québec, sous la direction d’André Kirouac : Caroline Lantagne et Blanche Gagnon. À souligner également, le travail de coordination du major Michael Boire (CMR du Canada) et du lieutenant de vaisseau Patrick Cameron (CMR Saint-Jean), qui accompagnaient une délégation de 24 élève-officiers des deux collèges.

Les ateliers abordaient des thèmes aussi diversifiés que les guerres amérindiennes, les questions de stratégie et de défense sous les régimes coloniaux, les guerres de course ou encore l’impact des tensions ou des conflits internationaux sur les rives du fleuve, sans oublier les enjeux géostratégiques reliés à cette région du globe. Le colloque a ainsi permis de rassembler des conférenciers et spécialistes issus de plusieurs institutions canadiennes et européennes, telles le ministère de l’Éducation du Québec, le Musée McCord de Montréal, l’Université McGill, l’Université du Québec à Montréal et l’Université du Québec à Trois-Rivières, l’Université Laval ainsi que l’Université de Caen Basse-Normandie et l’Université de Strasbourg.

Ouverture du colloque par André Kirouac, directeur du Musée Naval de Québec

Le clou du colloque fut cependant la visite guidée du champ de bataille des Plaines d’Abraham par le Major Boire. Son expertise doublée d’un talent de conteur ont conquis un public qui avait accepté de braver les intempéries pour revivre ce drame historique. Dans son mot de clôture, le directeur du département d’histoire du CMR de Kingston, Roch Legault, a souligné avoir été agréablement impressionné par la qualité des conférences et la pertinence des débats. Le spécialiste en histoire militaire a cependant noté que les interventions portaient essentiellement sur la partie québécoise fleuve, suggérant aux organisateurs d’envisager un autre colloque qui se concentrerait cette fois sur l’amont du Saint-Laurent, soit sa portion frontalière avec les États-Unis. Affaire à suivre…

Au cours du cocktail marquant la première journée d’étude, les deux invités d’honneur, la doyenne des Arts du CMR du Canada, Jane Errington, et le directeur des études du CMR de Saint-Jean, Michel Maisonneuve, ont salué le professionnalisme et l’esprit coopératif qui ont guidé cette entreprise. L’honneur leur revient puisque sans leur soutien actif, le projet n’aurait pu atteindre ce degré d’achèvement.

Un atelier très apprécié : l’impact des guerres mondiales sur le Saint-Laurent

“The St-Lawrence at war”: a team success!

The multidisciplinary symposium “the St-Lawrence at war (1608-2008)” turned out to be a true success. The event took place at Quebec’s Musée de la civilisation on November 6 and 7 and attracted some 150 people. This achievement reflects credit on the key partners of the event: The Royal Military College of Canada, The Royal Military College St-Jean, the Naval Museum of Québec, the Directorate of History and Heritage (DHH) of the National Defense, not to mention that it is with direct financial support from the DHH, through the intervention of its director, Serge Bernier, that the project was initiated. In the carrying out of this activity, we welcome and acknowledge the contribution of Royal Military Colleges professors’ team work, Jean Lamarre, Magali Deleuze, Marc Imbeault and Béatrice Richard, the collaboration of Stéphane Roussel, Chairholder of the Canadian Research Chair in Foreign and Canadian Defence Policy (Université du Québec à Montréal), and also the excellent organization of director André Kirouac’s personnel of the Naval Museum of Québec: Caroline Lantagne et Blanche Gagnon. We note with appreciation the coordinating work of Major Michael Boire (CMR of Canada) Lieutenant (N) Patrick Cameron (CMR Saint-Jean), who accompanied a delegation of 24 officer-cadets from both colleges.

The workshops addressed a wide range of themes, including aboriginal wars, strategy and defense issues during colonial regimes, privateering, and the impact of international tensions and conflicts on the river’s shores, not to mention geotrategic issues related to this part of the globe. Thus, the symposium was able to gather lecturers and specialists from many Canadian and European institutions such as the ministère de l’Éducation du Québec, McCord Museum of Canadian History, McGill University, Université du Québec à Montréal and Université du Québec à Trois-Rivières, Université Laval, as well as Université de Caen Basse-Normandie and Université de Strasbourg.

The highlight of the symposium was Major Boire’s guided tour of the Plains of Abraham battle field. His expertise joined with his storytelling talent conquered a public willing to venture out in these treacherous conditions to relive the historical drama.

Closing words by Roch Legault, director of RMC of Canada’s department of history

In his closing remarks, director of RMC Kingston history department, Roch Legault, mentioned he was particularly impressed with the quality of the lectures and the relevance of the discussions. The military history specialist noted however that the interventions only dealt with the Quebec part of the river, suggesting to consider the possibility of organizing another symposium that would focus on the upstream of the St-Lawrence, the portion bordering with the United States. A case to follow!

At the cocktail closing the first day of the event, the two guests of honor, RMC of Canada Faculty of Arts’ dean, Jane Errington, and RMC St-Jean’s Director of studies, Michel Maisonneuve, both acknowledged the professionalism and cooperative spirit that guided this undertaking. The honor goes to them because without their support, the project wouldn’t have reached such a level of achievement.

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Une semaine avec le 2ème GPRC

SLt Julie Bouvet-Maréchal
Promotion Chef de Bataillon Segrétain

Depuis plusieurs années, des sous-lieutenants français de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr viennent en stage de trois mois au Québec et notamment au Collège Royal Militaire de Saint-Jean. Cette année, nous sommes deux à y être venues faire des recherches dans le but de rédiger un mémoire. Le sujet sur lequel je travaille portant sur les populations autochtones et inuit dans les Forces Canadiennes, l’opportunité m’a été offerte de participer à une expédition dans le Grand Nord avec les Rangers canadiens. Grâce au Major Lang, commandant le 2ème GPRC, toutes les formalités faites rapidement m’ont permis de partir le 15 octobre avec ses hommes pour un petit périple à travers le Nunavik.

Sous-lieutenant Bouvet -Maréchal et deux juniors des Rangers canadiens

Accompagnant pendant une semaine le Second-Maître Guy Malenfant, nous avons tout d’abord atterris à Kuujjuak. La première impression que m’ont donné ces petits villages est leur incroyable isolement du reste du monde, alors que parallèlement, et contrairement à ce que l’on pourrait croire, ils sont très bien équipés dans tous les domaines. Technologiquement parlant par exemple : télévisions, dvds, ordinateurs, laptops, téléphones… Bref, ils ne vivent plus au temps des igloos pour ceux qui en doutaient encore, même s”ils continuent à chasser les caribous, bélugas et bœufs musqués afin que chacun ait des réserves pour passer l’hiver.

Le vendredi, à Salluit, nous étions au-dessus de la “ligne des arbres” (tree line) au nord de laquelle il n’y a plus du tout d’arbres dans le paysage. D’où une impression de vide presque lunaire lorsque l’on regarde ses immenses montagnes et cet horizon à perte de vue. Nous étions là-bas pour observer et participer à l’exercice de la patrouille de Salluit ainsi qu’au camp des Rangers Juniors durant la fin de semaine. J’ai ainsi pu découvrir une autre facette des Forces canadiennes travaillant au sein de communautés si isolées.

Village de Salluit

L’exercice consistait à rechercher une boîte de munitions cachée la veille par le sergent de patrouille, Charlie Ikey, derrière une roche, et ce, afin de simuler un “search and rescue”. Après quelques heures de ratissage en quatre-roues (quads), la boîte a été trouvée et le compte-rendu radio fait. Puis, après une initiation à l’inuktitut, un dialecte de la langue inuit, j’ai passé la soirée avec tout le groupe au bivouac, sous la neige et autour d’un feu ! La température oscillait autour de -15°, sans parler bien sûr, de la nuit pendant laquelle de belles stalactites se sont formées sur notre tente. Dimanche matin, un champ de tir à 100 mètres a été organisé et les Rangers ont tiré avec leur arme, la Lee-Enfield 303 – en dotation dans l’armée canadienne depuis 1896. Puis, les Juniors et nous-mêmes avons également pu la tester, et à vrai dire, je me suis presque cru à un autre siècle…!

Un champ de tir avec les Rangers

Le lendemain, nous nous sommes une nouvelle fois envolés en Twin-Otter, cette fois pour Akulivik. Comme à chaque voyage, nous avons survolé des centaines de kilomètres de neige et de lacs glacés. Enfin, au retour, nous avons fait une escale de quelques heures à Puvirnituk. Décidément, ces petits villages se ressemblent vraiment tous : quelques rues toutes perpendiculaires, une école, un hôpital ou simplement un centre de soins, les maisons surélevées à cause du sol qui gèle très rapidement, et les skidoos et chiens de traîneau devant les maisons qui attendent patiemment la neige de l’hiver.

Quelques centaines de photos plus tard et de magnifiques souvenirs dans la tête, il était malheureusement temps de rentrer… J’ai ainsi pu vivre quelques jours au rythme d’une culture très différente et dans un dépaysement total. Je ne trouve de meilleurs mots, alors merci encore à tous ceux qui m’ont permis de participer à cette aventure hors du commun.

A week with the 2nd CRPG

SLt Julie Bouvet-Maréchal
Promotion Chef de Bataillon Segrétain

For many years, second lieutenants from Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr have come to Québec, notably to Royal Military College St-Jean for a three months training. This year, two of us came to do research in relation to the writing of a thesis. The subject I am working on being aboriginal and Inuit populations in the Canadian Forces, I was given the opportunity to participate in an expedition to the Great White North with Canadian Rangers.

Thanks to Major Lang, commander of the 2nd CRPG, all formalities being done rapidly, I was able to leave with his men on October 15 for a short journey across Nunavik.

Accompanying Petty Officer Second Class Guy Malenfant for a week, we first landed in Kujjjuak. The fist impression I had of that these small villages is their incredible isolation from the rest of the world, while in parallel, and contrary to what we may think, they are well equipped in all fields. For example, technologically speaking, they have televisions, dvds, computers, laptops and telephones…in short, those who still doubted it have to know they don’t live in igloos anymore, even though they still hunt caribou, belugas and muskox to assure supplies for everybody for the winter.

Petty Officer Second Class Guy Malenfant and Sub-lieutenant Julie Bouvet-Maréchal

On Friday, in Salluit, we were above the tree line, north of which there isn’t any tree on the landscape. Hence the impression of moonlike emptiness when looking at the immense mountains and the horizon that span as far as one can see. We were there to participate in the exercise of the Salluit patrol and in the Junior Rangers camp that took place during the weekend. I was thus able to discover a new aspect of the Canadian Forces working with such isolated communities.

The exercise consisted of searching for an ammunition box hidden behind a rock the night before by patrol sergeant Charlie Ikey and this, in order to simulate a search and rescue.

After a couple of hours of combing in quads, the box was found and the radio report completed. Then, after an initiation to Inuktitut, an Inuit dialect, I spent the evening with the group at the bivouac, under the snow and around a fire! The weather was around -15°C, not to mention the night during which beautiful stalactites formed on our tent. On Sunday morning, a 100 meters firing range was set and Rangers fired with the Lee-Enfield 303, a unit equipment in the Canadian armed Forces since 1896. Then, with the Juniors, we had the opportunity to test it and frankly speaking, I felt as if I were living in another century…

Stop in Kangirsuk

On the next day, we flew again in Twin-Otter, this time to Akulivik. Like for every trip, we flew over hundreds of kilometers of snow and frozen lakes. Finally, on the return trip, we made a short stop in Purivinituk. With a few perpendicular roads, a school, a hospital or a simple clinic, houses stilted above ground because it freezes too rapidly in the season and skidoos and sled dogs patiently waiting for the winter snow, definitely, these villages all look the same.

Some hundred-odd pictures later, and with magnificent memories in mind, unfortunately, it was time to leave…I was thus able to live a couple of days to the rhythm of another culture in a total change of scenery. I can’t find better words, so thanks again to those who made my participation in this atypical adventure possible.