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Importance de redonner – Contributions au RMC de Pierre Bussières, Ph. D, au cours de sa vie / On Giving Back – Dr Pierre Bussières’ Life of Contributions to RMC

Ci-dessus: Commandant d’aviation Bussières avec d’autres professeurs militaires (1965).

« Il est important pour nous de nous remémorer, de célébrer et de reconnaître ses réalisations »

Article rédigé par 7851 Mike Bardon, 7897 Gilles Langlois et 7964 Don Bell, génie mécanique, classe de 1969

Récemment, nous avons été attristés d’apprendre le décès de M. Pierre Bussières ancien professeur et pendant un temps chef du Département de génie mécanique, départ que sa fille Michèle a si merveilleusement décrit comme « le dernier vol en solo de papa ». Mais ceux d’entre nous qui ont eu le privilège de servir ou d’étudier avec M. Bussières savent que dans un moment comme celui-ci, il y a plus à faire que d’être triste. Pierre a passé la majeure partie de sa vie adulte à bâtir et à améliorer le Collège militaire royal à Kingston (RMC). Il est important pour nous de nous remémorer, de célébrer et de reconnaître ses réalisations.

Élève-officier Bussières en quatrième année (1952)

Pierre Bussières était un fier membre de la « nouvelle centaine », surnom de la première classe à entrer au RMC après la Seconde Guerre mondiale. Il a souvent plaisanté en disant que la vie avait été assez facile pour lui, car il était un senior pendant les quatre années de ses études. Lui et ses camarades de classe ont établi de nouvelles normes élevées, remplaçant les traditions désuètes d’antan par de nombreuses nouvelles traditions qui perdurent encore aujourd’hui.

Mais la vie n’a pas toujours été facile pour Pierre. Un francophone avec une capacité limitée à parler en anglais au début, il a lutté pour survivre dans un environnement totalement anglophone; il s’en est tiré et a prospéré. Joignant l’Aviation royale canadienne après ses études, il a servi douze ans dans une période de développement technologique intense, mettant à profit ses connaissances en génie et apprenant comment la théorie et la pratique s’harmonisent.

La fin de la carrière du Commandant d’aviation Bussières dans la Force aérienne l’a ramené au RMC en tant que membre du personnel enseignant militaire, moment auquel a commencé sa longue deuxième carrière de redonner au Collège. En passant du service en uniforme à celui de professeur civil, il a apporté avec lui une compréhension cruciale de ce que c’était que d’être un élève-officier, d’étudier la théorie, d’être un officier et d’appliquer cette théorie dans le monde réel. Plus encore, il savait à quel point il était difficile de faire tout cela dans une langue seconde qu’il était encore en train de maîtriser.

Capitaine d’aviation Bussières (c1959)

Tout au long de son histoire jusqu’en 1976, RMC était essentiellement une institution anglaise unilingue. Les jeunes Canadiens francophones qui souhaitaient fréquenter RMC ont dû apprendre suffisamment d’anglais en cours de route pour survivre dans les programmes chargés du premier cycle. En 1952, le Collège militaire royal de Saint Jean (CMR) a été ouvert pour faciliter la transition de l’enseignement primaire et secondaire en français aux études de niveau universitaire en anglais. Au CMR des cours étaient offerts en anglais et en français — une année préparatoire pour amener les élèves de l’une ou l’autre langue au niveau de la 13e année de l’Ontario, suivie des deux premières années du programme académique commun requis de tous les élèves-officiers des Collèges militaires canadiens à l’époque, peu importe leur champ d’études ultime. Les élèves-officiers francophones pouvaient commencer leurs études universitaires en français au CMR et perfectionner leurs compétences en anglais pendant trois ans avant de passer au RMC pour terminer leurs deux dernières années en anglais.

En 1974, la décision a été prise d’offrir tous les programmes d’ingénierie au RMC en français. Pour la première fois, des étudiants francophones sont entrés en première année au RMC à l’automne 1976 parce qu’ils étaient en mesure de terminer leur programme complet en français. Toutefois, la plupart des programmes menant à un diplôme en arts et en sciences n’ont pas été dispensés en français au RMC avant la fermeture du Collège militaire de Royal Roads et du CMR en 1995, environ 20 ans plus tard.

La prestation de tous les programmes d’ingénierie en français a nécessité une augmentation substantielle de la taille de la faculté. Bien que les nouveaux postes d’enseignants aient été créés rapidement, les pourvoir était une toute autre chose. C’est en relevant ce défi exigeant que Pierre a apporté une contribution majeure au Collège et non seulement à son propre département. Il a été nommé assistant spécial au recteur en 1974, chargé de trouver, d’évaluer et d’embaucher ces nouveaux professeurs essentiels et de veiller à ce que les deux courants linguistiques parallèles reçoivent des programmes et des services uniformes. Cela exigeait beaucoup plus que la simple publicité et l’embauche de professeurs supplémentaires.

Les postes de professeurs exigent normalement un doctorat dans la discipline appropriée. À cette époque, la demande d’ingénieurs dans l’industrie était forte et les salaires élevés par rapport à ceux des universités. Pierre a travaillé en étroite collaboration avec la direction académique pour relever le défi de plusieurs façons créatives. Certains des nouveaux postes ont été comblés en attirant un petit nombre de francophones âgés titulaires d’un doctorat et ayant déjà eu une carrière réussie ailleurs. Certains anglophones bilingues titulaires d’un doctorat ont été embauchés, dont certains avaient initialement acquis leur compétence en français au CMR. Cependant, cela laissait encore de nombreux postes vacants. Pendant ce temps, les étudiants à qui on avait promis un programme de génie en français continuaient de progresser en vue de compléter leurs cours des deux premières années en 1976–1977 et 1977–1978. Le moment de vérité viendrait quand ils entreraient en troisième année à l’automne 1978, lorsque la majeure partie de leurs cours d’ingénierie devait être prête pour être dispensée en français.

Pour pourvoir les postes manquants à temps, l’exigence de doctorat a été temporairement assouplie. Les postes vacants restants ont été remplis par l’embauche de candidats titulaires d’une maîtrise, à condition qu’ils obtiennent un doctorat en temps voulu. Cependant, plusieurs sont partis vers les universités du Québec dès qu’ils eurent terminé leur doctorat. En conséquence, Pierre a dû continuer à occuper ses fonctions d’embauche jusqu’en 1984, date à laquelle le roulement de personnel dans la faculté de génie francophone s’était largement atténué et pouvait être géré par les départements universitaires eux-mêmes. L’épanouissement du RMC en tant que la seule université canadienne offrant des programmes d’ingénierie entièrement bilingues reposait en grande partie sur ses contributions.

Après avoir effectué ce travail essentiel pour l’ensemble du Collège, Pierre a été sollicité comme chef de l’École des langues secondes de 1984-85 puis comme chef du Département de génie mécanique de 1985-1988. Il a entrepris ces deux fonctions avec enthousiasme malgré sa préférence pour s’en tenir exclusivement à son rôle d’enseignant. Le devoir avait encore une fois appelé. Il a été reconnu pour son dévouement aux enjeux importants pour le Collège et le ministère de la Défense nationale lors d’une présentation de la Mention élogieuse du sous-ministre en 1996 pour service exceptionnel au sein du MDN au cours de sa carrière.

Professeur Bussières – un fidèle participant aux diners régimentaires des élèves-officiers (2007)

En demandant à d’anciens camarades de classe, collègues ou étudiants ce dont ils se souviennent le plus du professeur Bussières l’un des premiers mots qui vient est toujours qu’il était « pratique ». Bien qu’il aimait enseigner la théorie, il savait que la mise en œuvre de la théorie était ce qui importait. Même lorsqu’il enseignait les concepts les plus ésotériques de la mécanique ou de la thermodynamique, il a toujours lié ces théories à des choses qui se sont produites dans le monde réel — comment une voiture rebondit après avoir heurté un nid de poule, ou comment vous pourriez refroidir votre café plus rapidement en choisissant la bonne tasse, en y mettant une cuillère tout de suite, mais en ajoutant seulement le lait juste avant de le boire. Pierre a utilisé cette même approche pratique, étape par étape, pour développer la capacité bilingue au RMC, d’abord dans la Division du génie, et finalement dans l’ensemble du Collège.

Et donc, alors que nous disons adieu à notre professeur respecté, bâtisseur dévoué et ami estimé, prenons un moment pour reconnaître ce qu’il a accompli et à nous engager à suivre son exemple.

De nombreux anciens élèves-officiers signent leurs courriels avec l’abréviation de la devise du Collège — VDV.

Pierre Bussières ne signait pas avec notre devise; il la vivait.


Sqn Ldr Bussières with other military faculty (1965)

“It is important that we know, celebrate and be thankful for his accomplishments”

Article by 7851 Mike Bardon, 7897 Gilles Langlois and 7964 Don Bell, Mechanical Engineering Class of 1969

We were saddened recently to learn of the passing of Dr Pierre Bussières, former Professor and for a time Head of the Department of Mechanical Engineering, which his daughter Michèle so wonderfully described as “Dad’s last solo flight”.  But those of us who had the privilege to serve with or study under Dr Bussières know that there is more to do at a time like this than be sad.  Pierre spent most of his adult life building and improving the Royal Military College.  It is important that we know, celebrate and be thankful for his accomplishments.

O/Cdt Bussières in Fourth Year (1952)

Dr Bussières was a proud member of the “New 100”, the first class to enter RMC after World War II.  He often joked that life was pretty easy for him, as he was a senior for all four years of his studies.  He and his classmates set new high standards, breaking from outdated traditions and establishing many new ones that continue even today.

Life wasn’t always easy for Pierre.  A francophone with limited oral English ability at the start, he struggled to survive in a totally anglophone environment, but survive he did, and thrived.  Commissioned in the RCAF on graduation, he served through twelve years of intense technological development, putting his engineering knowledge to use, and seeing how theory and practice fit together.

The end of Dr Bussières’ Air Force career brought him back to RMC as a member of the military teaching staff, the point at which his long second career of giving back to the College began.  On jumping from uniformed service to civilian professor, he brought with him crucial understanding of what it was like to be a cadet, to study theory, to be an officer and to apply that theory in the real world.  More yet, he knew how challenging it was to do all this in a second language that he was still in the process of mastering.

Flight Lieutenant Bussières (c1959)

Throughout its history up until 1976, RMC was essentially a unilingual English institution.  Young francophone Canadians who wished to attend the College had to learn enough English along the way to survive in the heavy undergraduate programs.    In 1952, Collège militaire royal de Saint Jean (CMR) was opened to ease the transition from primary and secondary education in French to university level work in English.   Courses there were offered in both English and French – a Preparatory Year to bring students of either language up to the level of Ontario Grade 13, then the first two years of the common academic program undertaken by all Canadian Military College cadets at the time, regardless of their ultimate degree program.  Francophone cadets could begin their academic programs in French at CMR and work on their English language skills for three years before moving to RMC to complete their final two years in English.

In 1974 the decision was made to offer all Engineering programs at RMC in French.  For the first time, francophone students entered First Year at RMC in the fall of 1976 on the basis of being able to complete their entire engineering programs in French.  By comparison, most Arts and Science degree programs were not given in French at RMC until the closure of Royal Roads and CMR in 1995, some 20 years later.

Delivering all the engineering programs in French required a substantial increase in the size of the faculty.  Although the new teaching positions were created quickly, filling them was another matter.  It was in meeting that demanding challenge that Pierre made a major contribution to the College beyond his own department.  He was appointed Special Assistant to the Principal in 1974, with the responsibility to find, assess and hire those essential new professors, and ensure that the two parallel linguistic streams were receiving uniform programs and services.  This required much more than simply advertising for and hiring the additional faculty.

Faculty positions normally require a PhD in the appropriate discipline.  At that time the demand for engineers in industry was strong and salaries were high compared to those at the universities.  Pierre worked closely with the academic leadership to deal with the challenge in a number of creative ways.  Some of the new positions were filled by attracting a small number of senior francophones with PhDs who already had successful careers elsewhere.  Some PhD-qualified bilingual anglophones were hired, including some who had originally gained their competence in French at CMR.  However, that still left many unfilled positions.  Meanwhile, the students who had been promised an engineering program in French were steadily moving through their first two years in 1976-77 and 1977-78.  The crunch would come when they entered Third Year in the autumn of 1978, when the bulk of their engineering courses had to be ready for delivery in French.

To fill the missing positions in time, the requirement for PhDs was temporarily relaxed.  The remaining vacancies were filled by hiring candidates holding Masters degrees, with the requirement that they complete a PhD in due course.   However, many left for universities in Quebec as soon as they completed their PhDs.  As a result, Pierre had to continue in his hiring role until 1984, by which time the turnover in francophone engineering faculty had largely subsided and could be managed by the individual academic departments themselves.  The flowering of RMC as Canada’s only university providing fully bilingual engineering programs rested in large measure upon his contributions.

After doing this essential work for the College as a whole, Pierre was subsequently asked to serve as Head of the Second Language School 1984-85 then as the Head of the Department of Mechanical Engineering 1985-1988.  He took up both those positions with enthusiasm despite his preference for sticking exclusively to his teaching role.  Duty had called yet again.  His dedication to issues important to the College and DND as a whole was recognized in the award of a Deputy Minister’s Commendation in 1996 for his career of outstanding service to the Department of National Defence.

Professor Bussières – a faithful attendee at cadet mess dinners (2007)

On asking former classmates, colleagues or students what they remember most about Dr. Bussières, one of the first words that always jumps out is “practical”.  Although he loved to teach theory, he knew that putting theory to use was what was important.  Even when teaching the most esoteric concepts of mechanics or thermodynamics, he always tied these theories back to things that happened in the real world – how a car bounced after it hit a pothole, or how you could get your coffee to cool faster by picking the right cup, putting a spoon in it right away, but only adding the milk just before you drank it.  Pierre used this same practical, step-by-step approach to build bilingual capability at RMC, first in the Engineering Division, and ultimately in the College as a whole.

And so, as we say goodbye to our respected professor, dedicated builder and valued friend, let’s take a moment to recognize what he accomplished, and commit ourselves to following his example.

Many ex-cadets sign their emails with the abbreviation of the College motto – TDV.

Pierre Bussières did not.  He just lived it.

One Comment

  • 6391 John Zirnhelt

    November 4, 2020 at 11:09 am

    Great review of Pierre Bussiere’s contribution. As a student in 1965, then as a colleague in 1970, I held him in high regard…a significant influence on my college time, my Air Force service and my engineering career!

    Thanks for the article, guys.