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Loin de la maison : projet de volontariat en Thaïlande / Far Away from Home: Volunteering in Thailand

Notre groupe le jour de notre arrivée à V2T / Our group the day we arrived at V2T.

Loin de la maison : projet de volontariat en Thaïlande

Vincent O’Neill

Par Vincent O’Neill, coordonnateur du Chapitre Fort Saint-Jean du Club des CMR du Canada

Depuis mon retour au pays, mes proches me posent tous les mêmes questions : comment était ton voyage? Qu’as-tu accompli? Comment était la vie là-bas? Autrement dit, ils me demandent de leur raconter mon expérience, mon histoire. Je peux aisément décrire le projet de volontariat et ses objectifs, mais il devient plus ardu d’expliquer à une personne qui n’y était pas les émotions et les perceptions ressenties lors d’un voyage. Dans ces quelques lignes, je tenterai donc de vous transporter en Thaïlande pour vous faire vivre, l’espace d’un instant, une aventure de volontariat à l’étranger.

L’initiative à laquelle j’ai participé se nomme Projet Thaïlande Rosemont. Ce dernier a été amorcé par M. Rahabi Benaiche, un enseignant du Collège Rosemont à Montréal qui s’avère être un ami proche. Depuis quatre années, il organise pour les étudiants de cette institution des projets de volontariat en Asie du Sud-Est. Le voyage a pour principal but de nous initier au travail de coopérant tout en découvrant une culture étrangère. Pour ma part, j’ai accompagné le groupe une première fois en 2016 dans la région de Chiang Rai au nord de la Thaïlande. Mon ami m’a donc proposé de répéter l’expérience. Mon rôle est très semblable à celui des étudiants, je ne détiens aucune responsabilité particulière ni autorité officielle. Cependant, je crois pouvoir contribuer positivement au groupe en partageant mes expériences professionnelles et de voyages passées.

En 2018, le projet se déroulait dans la province d’Udon Thani au nord-est du pays. Plus précisément, nous nous sommes dirigés vers le village de Ban Nong Phong dans lequel est basée l’organisation non gouvernementale Volunt2Thai (V2T). Il s’agit du partenaire local qui offre la possibilité de venir en aide aux communautés. V2T a pour objectif d’aider les fermiers et les familles, en particulier les enfants, à construire un avenir meilleur grâce à l’apprentissage de langues étrangères et de connaissances générales. La région d’Udon Thani demeure l’une des plus pauvres de Thaïlande. L’enjeu majeur est d’assurer un développement économique durable afin d’enrayer l’exode rural vers les grands centres urbains des jeunes qui aboutissent souvent dans une vie de crime ou de prostitution. Avec le soutien des volontaires, V2T vise donc à fournir des outils adéquats à la population pour développer l’économie locale et assurer un avenir prospère aux générations futures.

C’est avec ces nobles objectifs en tête que nous nous sommes déplacés vers cette région du 3 au 17 juin dernier. Notre groupe était composé de seize personnes, soit treize étudiants, deux enseignants et moi-même. Dès notre arrivée, nous avons été frappés par une chaleur accablante qui s’est maintenue à plus de 40 degrés Celsius avec un taux d’humidité pouvant atteindre plus de 90 % durant l’ensemble de notre séjour. Nous devions nous adapter à cet environnement pour accomplir notre premier grand mandat, c’est-à-dire la construction d’une clôture en bambou d’environ 500 mètres. Cette tâche n’était pas particulièrement complexe, mais elle nécessitait l’apprentissage de quelques techniques. En fait, le défi résidait plutôt dans une adaptation physique et mentale à notre environnement de travail. La déshydratation et les insolations devenaient ainsi nos pires ennemis. La solution reste simple : boire de l’eau, beaucoup d’eau et trouver des moyens de se rafraîchir. Notre mode de travail occidental constituait aussi un obstacle. Au Canada, nous sommes accoutumés à travailler fort, beaucoup et longtemps. Ainsi, la réalité thaïlandaise imposait de ralentir la cadence et d’apprendre à écouter son corps.

V2T nous a confié un autre mandat, celui d’enseigner l’anglais aux enfants des communautés locales. Notre équipe a été déployée dans quatre écoles des environs. Cette fois, le défi était différent. Nous devions élaborer notre programme avec des activités d’apprentissage pour des étudiants d’âge et de niveaux variables. Ensuite, il fallait le mettre en application pour des jeunes qui ne parlent que très peu l’anglais. Malgré une nervosité initiale face à cette tâche, nous avons découvert des enfants avides de connaissances qui nous ont immédiatement charmés par leur gentillesse et leur joie de vivre contagieuse. Le rôle d’enseignant demeure sans doute notre réalisation la plus significative et enrichissante de cette aventure.

Les enfants du village sont venus nous aider à construire la clôture. / The children of the village helped us build the fence.

Une aventure d’aide humanitaire à l’international exige une grande capacité d’adaptation. Dès l’arrivée en terre étrangère, le corps amorce sa mutation pour s’accoutumer au climat et à la gastronomie locale. Cependant, notre expérience ne se résume pas qu’à ces adaptations, car nous sommes un groupe de seize personnes de tous âges et de tous horizons dans un pays lointain aux coutumes parfois insolites. Nous devons apprendre à vivre ensemble, à s’accepter et à se respecter dans une grande promiscuité. Cela représente un parcours souvent semé d’embuches qui demande patience et tolérance. Ce défi n’est pas insurmontable ! En fait, je crois que nous y sommes parvenus. À partir de ce moment, la force de l’équipe a pris le dessus, nous permettant de réaliser des exploits comme de construire une clôture ou d’enseigner à trente enfants. Bref, nous avons pu nous adapter et nous améliorer ensemble pour accomplir la mission que nous nous étions donnés et, à notre façon, rendre le monde meilleur.

À titre personnel, je crois que ce type de voyage permet de mieux connaître nos limites et de travailler sur soi-même. Quoique le plaisir fut au rendez-vous, nous n’étions pas dans une colonie de vacances. Le travail et les conditions de vie demeurent éreintants. Cependant, le sentiment d’accomplissement et d’altruisme ainsi que le bonheur d’aider les autres valent amplement les efforts déployés.

Si une expérience de volontariat à l’étranger vous intéresse, je vous invite à consulter les liens ci-dessous ou à communiquer directement avec moi au [email protected] pour en savoir davantage. Sachez que ce type de voyage est accessible à toutes et à tous que vous soignez jeunes ou plus âgés, en groupe ou individuellement. Il s’agit simplement de saisir l’opportunité et de vous envoler vers l’aventure !

Pour plus de photos et en savoir davantage :

Projet Thaïlande Rosemont

Volunt2Thai

Nous servons le repas pour les enfants de l’école Ban Nong Kung. / We serve the meal for the children of the Ban Nong Kung School.

Far Away from Home: Volunteering in Thailand

By Vincent O’Neill, coordinator of Fort Saint-Jean Branch of RMC Club of Canada

Since my return to the country, my relatives ask me all the same questions: How was your trip? What did you accomplish? How was life there? In other words, they ask me to tell them about my experience, my story. I can easily describe the volunteer project and its objectives, but it becomes harder to explain to a person who was not there the emotions and perceptions felt during a trip. In these few lines, I will try to take you to Thailand to allow you to live, for a moment, an adventure of volunteering abroad.

The initiative I participated in is named Project Thailand Rosemont. It was initiated by Mr. Rahabi Benaiche, a teacher from Rosemont College in Montreal who turned out to be a close friend. For the past four years, he has been organizing volunteer projects in Southeast Asia for the students of this institution. The trip’s main goal was to introduce us to the work of a volunteer while discovering a foreign culture. For my part, I accompanied the group for the first time in 2016 in the region of Chiang Rai in Northern Thailand. My friend suggested that I repeat the adventure. My role was to be very similar to that of students, as I would not hold any particular responsibility or official authority. However, I believed I could contribute positively to the group by sharing my past travel and professional experiences.

In 2018, the project was taking place in Udon Thani province in the Northeast of the country. Specifically, we went to the village of Ban Nong Phong where the non-governmental organization Volunt2Thai (V2T) is based. This is the local partner which offers the opportunity to help communities. V2T aims to help farmers and families, especially children, to build a better future by learning foreign languages and general knowledge. The Udon Thani region remains one of the poorest in Thailand. The main challenge is to ensure sustainable economic development in order to stem the rural exodus of young people to urban centres, where several of them end up in a life of crime or prostitution. With the support of volunteers, V2T aims to provide the population with the right tools to develop the local economy and to ensure a prosperous future for future generations.

With these noble objectives in mind, we went to this region from June 3rd to 17th. Our group consisted of sixteen people, comprising thirteen students, two teachers and myself. As soon as we arrived, we were hit by an overwhelming heat that was more than 40 degrees Celsius with a humidity rate of up to 90% during our entire stay. We had to adapt to this environment to fulfill our first major mandate which was the construction of a bamboo fence of about 500 meters. This task was not particularly complicated, but it required the learning of some techniques. In fact, the challenge lay in a physical and mental adaptation to our work environment. Dehydration and sunstroke became our worst enemies. The solution was simple: drink water, lots of water, and find ways to cool off. Our Western mode of work was also an obstacle. We are accustomed to working hard, a lot and during long periods of time. Thus, the Thai reality required us to slow down the pace and learn to listen to our bodies.

V2T has given us another mandate, to teach English to children in local communities. Our team was deployed in four nearby schools. This time, the challenge was different. We had to develop our program with learning activities for students of varying ages and levels of understanding. Then it had to be implemented for young people who speak very little English. Despite initial nervousness about this task, we discovered children who were eager for knowledge and who immediately charmed us with their kindness and contagious joie de vivre. The role of teacher remains undoubtedly our most significant and enriching achievement of this adventure.

Je pose avec deux de mes étudiants de l’école Ban Nong Kung / I pose with two of my students from Ban Nong Kung School

An international aid project requires great adaptability. Upon arrival in a foreign land, the body begins its mutation to accustom to the climate and local cuisine. However, our experience was not limited to these adaptations, because we were a group of sixteen people of all ages and from all backgrounds, visiting a country with unusual customs. We had to learn to live together, to accept each other and to respect each other. This represented a journey often fraught with difficulties that required patience and tolerance. This challenge was not insurmountable! In fact, I think we did it. From that moment, the strength of the team took over allowing us to achieve feats such as building a fence or teaching thirty children. In short, we have been able to adapt and improve together to fulfill the mission we had given ourselves and, in our own way, to make the world a better place.

Personally, I believe that this type of trip allowed us to better know our limits and to work on ourselves. Although the pleasure was at the rendezvous, we were not in a summer camp. The work and living conditions remained grueling. However, the sense of achievement and altruism and the happiness of helping others were well worth the effort.

If you are interested in an international volunteering experience, I invite you to consult the links below or to contact me directly at [email protected] to find out more. This type of trip is accessible to everyone whether you are younger or older, with a group or alone. It’s just about seizing the opportunity and flying to the adventure!

For more photos and to find out more:

Projet Thailande Rosemont

Volunt2Thai