Phase commune de formation de l’Armée pendant la COVID

Ci-dessus: 28295 élève-officier Lisa D’Amico et sa section pendant leur cours QMBO-L.

Article rédigé par 28560 élève-officier (IV) Bennett Dickson

L’été dernier, deux cours de militaires, dont la majorité étaient des élèves-officiers (élof) du Collège militaire royal du Canada à Kinston (CMR), se sont aventurés à l’École d’infanterie de la BFC Gagetown, au Nouveau-Brunswick, pour compléter leurs qualifications militaires de base des officiers – Force terrestre (QMBO-L). Bien que le cours soit obligatoire pour tous les officiers de l’Armée canadienne, cette année, les restrictions dues à la COVID ont ajouté une certaine incertitude.

J’ai eu le plaisir de m’entretenir avec 28295 l’élof Lisa D’Amico et j’ai pu mieux comprendre à quoi ressemblait le cours étant donné les difficultés de formation à l’âge de la COVID-19.

Elle a commencé par expliquer à quel point tout le monde était nerveux et incertain à propos du cours et comment il allait se dérouler : « Lorsque nous avons tous quitté le CMR en avril, nous avions l’impression que personne ne suivrait le cours; il n’est donc pas difficile de s’imaginer le choc parmi les élof du CMR quand ils ont été rappelés pour prendre ce cours ». Pendant leur période d’isolement de 14 jours avant le début du cours, ils ont rempli beaucoup de paperasse, ils ont réétudié la procédure de combat et ils se sont tenus en forme du mieux qu’ils le pouvaient.

Lorsque le cours a débuté, les effets de la COVID étaient évidents. Le personnel devait porter des masques, les deux pelotons étaient isolés l’un de l’autre (les membres ne pouvaient se mêler qu’aux personnes de leur propre peloton) et personne n’était autorisé à entrer ou à sortir de la base. Au fil du temps, cependant, les élof ont pu faire de petites sorties hors de la base vers des endroits comme le Canex et le McDonalds et faire livrer de la nourriture à leurs quartiers. La mise en garde en regard de ces libertés était qu’ils devaient respecter toutes les règles de distanciation sociale et porter un masque chaque fois que possible. Ceci n’a cependant rien enlevé aux points d’enseignement du QMBO-L.

L’élof D’Amico a poursuivi en expliquant que, malgré les restrictions liées à la COVID, ils étaient tous capables d’apprendre les points d’enseignement essentiels et de trouver des moyens d’apprécier le cours. Comme on s’attendrait typiquement, ils ont appris à utiliser les différentes armes disponibles pour l’Armée, à naviguer à l’aide de la carte et de la boussole toujours fiables, et à se familiariser avec le travail sur le terrain dans un environnement de combat réel. Cela comprenait la reconnaissance, la défense au niveau du peloton et les attaques de section.

Quand je lui ai demandé si la COVID avait changé ce qu’elle avait retiré du cours, elle ne pensait pas que cela avait eu beaucoup d’impact positif. « Le cours lui-même a été raccourci de deux semaines (8 semaines au lieu de la normale de 10), obligeant le personnel à s’adapter et à condenser le plus d’informations possible. Cette approche a présenté des difficultés évidentes, et même si cela n’a peut-être pas été remarqué à l’époque, elle a causé un peu de tension mentale pour tout le monde. »

Elle a cependant souligné que le cours lui a quand même enseigné des choses dont elle sait qu’elle aura besoin en tant que futur officier de l’Armée. Et, le cas échéant, le cours condensé leur a enseigné des compétences vitales en gestion du temps qui seront extrêmement utiles dans les projets futurs.

Une dernière remarque qu’elle voulait souligner est que le cours a été extrêmement différent pour chacun. Certaines personnes ont trouvé cela plus stressant à cause de la COVID, d’autres ont trouvé que l’isolement était paisible, tandis que d’autres semblaient à peine avoir remarqué que quelque chose était différent. Si l’École d’infanterie peut garantir une chose, c’est que tous ceux qui franchiront ses portes apprendront quelque chose qu’ils ne savaient pas auparavant; que ce soit intellectuellement ou mentalement. Le cours est conçu pour repousser les limites des gens et les aider à devenir compétents dans leurs futures professions.

La COVID a définitivement changé des choses pour ceux qui ont eu « la chance » de passer quelques semaines dans les marais de Gagetown, mais cela n’a en aucun cas rendu le cours « plus facile » ou « plus difficile ». En ce qui nous concerne en tant que futurs officiers de l’Armée, la sporadicité de toute la situation de la COVID prouve que nous devons rester prêts et flexibles; des choses que nous n’aurions jamais pu prévoir peuvent surgir de nulle part et tout changer.


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